Le code de déontologie commun de la police nationale et de la gendarmerie nationale rappelle que les policiers et les gendarmes, au service des institutions républicaines et de la population, veillent « à se comporter en toute circonstance d’une manière exemplaire, propre à inspirer en retour respect et considération ». Le Président de la République, dans son discours auprès des forces de l’ordre mobilisées à Calais le 16 janvier 2018, a déclaré que « l’exemplarité se traduit dans le respect absolu de la déontologie policière » et « qu’aucun manquement à la doctrine, à vos règles d’emploi qui sont formalisées, et à la déontologie qui organise votre action ne sera toléré. Et si manquement il y a, des sanctions seront prises ».

Le Président de la République a ordonné au ministre de l’Intérieur que ces exigences soient très régulièrement rappelées aux forces de l’ordre et de prendre toutes les mesures et sanctions qui s’imposent en cas de mise en cause des forces de l’ordre notamment après enquête interne administrative ou judiciaire ou recours aux inspections générales .

Pourtant les policiers constatent une escalade dans la gravité des agressions physiques et verbales, les agresseurs potentiels sont de plus en plus nombreux et a fortiori les infracteurs sont de plus en plus jeunes.

Personne ne manque à l’appel pour venir sonner le tocsin aux grandes messes de l’aristocratie de la bien-pensance, les anciens combattants des luttes passées, pour se déchaîner contre les forces de l’ordre au moindre incident entre policiers et « jeunes des quartiers » qui, pour ces derniers, au travers de l’émeute enverraient un message de type politique des plus nobles en dénonçant des pratiques policières considérées comme injustes et violentes.

Cette « affaire  Benalla » -du nom du collaborateur de l’Élysée- nous interpelle au plus haut point sur cette dérive « barbouzarde » de ces deux observateurs proches du  Président  qui, parrainés par la Préfecture de Police, viennent se livrer à des violences sur la voie publique, munis d’attributs policiers pour le premier et de holster à la ceinture pour le second, ancien réserviste de la gendarmerie et chargé de mission pour l’Élysée.

Les infractions pénales commises par ses deux comparses -à savoir violences par personne chargée d’une mission publique, usurpation de fonctions et port d’arme- auront dû attendre plusieurs mois pour que le parquet se saisisse de l’affaire pour ouvrir une enquête préliminaire. Nul ne doute que sans le buzz médiatique, cette enquête n’aurait jamais été ouverte contrairement à l’immédiateté des poursuites contre les forces de l’ordre qui prévaut actuellement.

Les membres des forces de l’ordre apprécieront à sa juste valeur la mascarade gouvernementale de la soi-disant suspension comme sanction, eux qui au moindre écart sont immédiatement sanctionnés administrativement et traînés devant les juridictions pénales.

Frank Martin,

Consultant sécurité